23 juillet 2009
Ces jours-là...
Il y a eu deux bouleversants événements dans ma vie. Dans celles de bien d’autres aussi.
Et ces deux évènements sont liés à toi.
À la question « Que faisions-nous le jour où… ? », j’ai un souvenir précis de cela…
Je venais de me lever, j’étais en vacances à Biscarrosse et il était tard. Je me dépêchais pour aller à la plage. Le ciel était bleu et le soleil magnifique. Boire vite mon café pour aller en profiter. En attendant, j’allume la TV. Des images que je n’oublierais jamais. Comme le Monde ne l’oubliera probablement jamais non plus. Je me souviendrais toute ma vie de la voix du présentateur TV ce jour-là. Sous le choc et n’en croyant pas ses yeux. Et moi, anéantie. Comme ces deux tours qui, quelques minutes après, s’effondreront. Je suis sensé être mortellement fâchée contre toi. Et pourtant. Pourtant… Moi qui te sais là-bas. Moi qui sais que sous mes yeux s’écroule l’endroit où tu aimes tant flâner. Ce qui fait que tu es tombé amoureux de ce pays et que tu as choisi de vivre ton rêve : y vivre. Dis-moi qu’à cette heure, tu dors encore.. ? Ce jour-là, je m’en souviens comme si c’était hier. Je me souviens avoir passé ma journée au téléphone. Je n’avais pas accès au net, pas d’ordinateur, alors j’ai remué ciel et terre par téléphone avec nos amis communs ici et là-bas. Petit Noyau Ménestrel faisant la liaison internet de son bureau. Statu quo à NYC. Puis les lignes furent rétablies, et on t’a appris que j’avais cherché à savoir comment tu allais. Et tu m’as rappelé. Ton monde s’était effondré. Plus rien ne serait jamais plus pareil. Même pour nous deux. Il y a eu un avant, et un après. Un statu quo entre nous s’abattrait toujours contre un statu quo du Monde.
Plus d’1h du matin ce jour-là et toujours pas envie de dormir. Comme tous les soirs. Et comme tous les soirs, un rapide coup d’œil aux infos sur internet. Il est mort. On croit à une nouvelle rumeur, sauf que celle-là, elle n’est pas de bon goût. Et la vérité. L’annonce. Il est mort. L’homme qui m’a mis sur ton chemin. Celui qui nous a rapproché. Celui qui nous a construit. Nos plus beaux souvenirs. Notre raison et bon alibi pour ces longues heures sous les couettes en pleine journée et nos fous rires, ces trains incessants. L'homme dont tu prenais la peau pour ton travail. Et pour nos souvenirs. Celui qui, aujourd’hui, n’était plus ton idole et dont tu étais devenu trop proche pour qu’il le soit. Celui que je ne rencontrerais jamais parce que j’avais un jour décliné l’offre. L’homme qui fait que nous avons existé toi et moi s’en est allé. Et je vomis ces gens, ces journalistes, et même ses fans ou ex-fans, d’y aller bon train sur leurs explications toutes personnelles. Je les vomis car je m’en fous. Il est mort. Point. Et personne ne saura rien de ce que j’en pense, de ce que tu en penses. Ca ne les regarde pas. Personne. Alors on fait semblant. Parce que ce que l’on sait, nous, c’est que cet homme qui nous aura permis de nous rencontrer il y a de très nombreuses années, même parti, est là à te remettre sur mon chemin à sa mort. Et vice versa. Libérés de notre idole de jeunesse. Mais malheureux. Rien ne meurt jamais vraiment, tu le sais.
Je remue encore ciel et terre. Tu cries à l’aide. Et je suis toujours là, la même. Tu es toujours "mon T." … Et le seras certainement toujours. Quoiqu'il arrive. Quoiqu'il nous arrive.
Ce sont ces genres d’événements qui bousculent une vie. Qui te rappellent et te font dire que tu m’aimes.
Et je reviens ici, sur ce blog, après un an parce que j’ai besoin de l’écrire. Évacuer. Moi aussi je t’aime, et OUI, je veille toujours sur toi.
Alors, aussi tragiques soient-ils… À ces évènements qui nous bouleversent et nous rendent plus que jamais vivants…
À ces inconnus…
À lui…
À nous…


